À Aix-
À l’approche des 80 ans de la libération d’Aix-
Une capitale américaine dans le sud de la France
À l’époque, en effet, ce lieu était le terrain idéal pour y installer l’équivalent d’une ville. "En 1944, on a rapatrié une partie des soldats américains sur ce camp de transit. On leur refaisait une santé avant de les renvoyer dans le Pacifique. Il y avait 5 salles de spectacle, dont un théâtre en plein air qui pouvait accueillir 17 000 soldats, 117 restaurants, des lieux de culte, des terrains de sport tels que 12 courts de tennis, un golf, 3 bureaux de poste, 12 banques, etc. C’était du gigantisme, notamment quand on le compare à Aix où vivaient 35 000 habitants". Une véritable capitale américaine dans le sud de la France, qui abritait jusqu’à 100 000 personnes dont des prisonniers, pour la majorité, allemands.
Aujourd’hui, en s’y promenant, impossible de savoir que ce lieu a vu passer plus de deux millions de soldats de 1944 à 1946. Mais Christian le sait mieux que personne, grâce aux recherches qu’il mène depuis la fin des années 1980. Son intérêt pour le camp a commencé lorsqu’il avait tout juste dix ans.
C’est ici qu’il venait pique-
‘’Il y a quand même des soldats américains derrière"
Enfouies dans ses tiroirs, ce n’est qu’en 1988-
Au début des années 1990, il revient sur place . "J’ai eu la chance de trouver une immense poubelle enfouie du côté de l’actuel Stadium où j’ai passé pratiquement une année à gratter et à chercher". Des médailles, bracelets, flacons de parfum, des rasoirs et environ 150 "dog tags" sortent de terre.
‘’Un devoir de mémoire"
Très occupé par ses activités associatives, Christian décide de se séparer d’une centaine de plaques qui dormait dans un classeur. "Je me suis dit que j’allais les vendre, ça fait toujours plaisir à quelqu’un. Et j’ai eu la chance de tomber sur un militaire, un collectionneur d'objets militaires, du côté de Vitrolles".
À ce moment-
Christian possède toujours une cinquantaine de plaques et entreprend alors de retrouver la trace des familles de soldats. "Je suis très reconnaissant de tout ces jeunes hommes qui sont venus nous défendre sur notre territoire et j’estimais que je n'étais pas le propriétaire des plaques, tout comme la France. Et quand on a un souvenir avec un nom, un prénom et un numéro, notre devoir, c’est de rechercher et de rendre ça aux propriétaires, les familles. Je pense qu’on a un devoir de mémoire".
Retour au bercail
Une très belle aventure commence alors. Et des heures et des heures de recherche, chez lui devant son écran, vont le mener il y a deux ans, à communiquer avec une première famille, celle du soldat Creighton Wheeland. "J’ai retrouvé sa petite-
À ce jour, Christian est parvenu à identifier une vingtaine de familles et à échanger avec une dizaine d’elles. Sur son site internet www.deltastagingarea.fr, il affiche fièrement les photos de descendants de soldats, heureux d’avoir récupéré un petit bout de leur proche. Aujourd’hui, la moindre information permet à Christian de poursuivre ses efforts pour retrouver les proches de soldats auxquels appartenait la quarantaine de plaques qu’il détient toujours.
En avril dernier, il a auto-