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CALAS.DELTA.STAGING.AREA 1944-1946, UNE VILLE DE 100.000 HABITANTS CONSTRUITE PAR US ARMY EN 3 MOIS, 2 MILLIONS DE SOLDATS Y TRANSITERONT AVANT D'ÊTRE REDEPLOYES SUR LE PACIFIQUE.
MIRAMAS RAPPORT.CONS.A HISOIRE.1 WINTED.1 VIE AU CAMP.1 MARSEILLE.1 ISTRES MARIGNANE LUYNES.1 CONTACT.SOURCES DSTAGE.1 CHRISTIAN.1 HISTORY.0 Sud de france théâtre des opérations TOULON.1 CCPWE404.1 VO.1 DOG TAG.1 LIBERTYSHIPS.1 VF revue de presse revue de presse 2 revue de presse

À Aix-en-Provence, sur le plateau de l’Arbois, Christian a découvert depuis son enfance plus d’une centaine de "dog tags" américaines, sur les vestiges du "USA Calas Staging Area", où ont transité plus de 2 millions de soldats de 1944 à 1946. À 76 ans, il recherche activement les familles pour leur rendre ces petites plaques métalliques.

À l’approche des 80 ans de la libération d’Aix-en-Provence, c’est avec une vive émotion que le septuagénaire revient sur les terres qui ont accueilli autrefois le plus grand camp militaire américain jamais construit en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. "Je ne suis pas revenu depuis les années 1990", confie-t-il les yeux plein de larmes. "Et je suis satisfait parce que la nature a repris ses droits. Avant c’était un plateau de rocailles, il n’y avait rien".

Une capitale américaine dans le sud de la France

À l’époque, en effet, ce lieu était le terrain idéal pour y installer l’équivalent d’une ville. "En 1944, on a rapatrié une partie des soldats américains sur ce camp de transit. On leur refaisait une santé avant de les renvoyer dans le Pacifique. Il y avait 5 salles de spectacle, dont un théâtre en plein air qui pouvait accueillir 17 000 soldats, 117 restaurants, des lieux de culte, des terrains de sport tels que 12 courts de tennis, un golf, 3 bureaux de poste, 12 banques, etc. C’était du gigantisme, notamment quand on le compare à Aix où vivaient 35 000 habitants". Une véritable capitale américaine dans le sud de la France, qui abritait jusqu’à 100 000 personnes dont des prisonniers, pour la majorité, allemands.

Aujourd’hui, en s’y promenant, impossible de savoir que ce lieu a vu passer plus de deux millions de soldats de 1944 à 1946. Mais Christian le sait mieux que personne, grâce aux recherches qu’il mène depuis la fin des années 1980. Son intérêt pour le camp a commencé lorsqu’il avait tout juste dix ans.

C’est ici qu’il venait pique-niquer avec ses parents et qu’il a trouvé ses premiers trésors. "En marchant, en grattant un petit peu la terre, j’ai trouvé mes premières "dog tags", des plaques militaires, la carte d’identité des soldats, mais aussi des médailles, des insignes".

‘’Il y a quand même des soldats américains derrière"

Enfouies dans ses tiroirs, ce n’est qu’en 1988-1989 que l’Aixois les ressort. "Je me suis dit, il y a quand même des soldats américains derrière. Ce sont des noms, des prénoms". Par chance, le développement d’internet et des sites de généalogie et militaires est passé par là et Christian entreprend alors de minutieuses recherches

Au début des années 1990, il revient sur place . "J’ai eu la chance de trouver une immense poubelle enfouie du côté de l’actuel Stadium où j’ai passé pratiquement une année à gratter et à chercher". Des médailles, bracelets, flacons de parfum, des rasoirs et environ 150 "dog tags" sortent de terre.

‘’Un devoir de mémoire"

Très occupé par ses activités associatives, Christian décide de se séparer d’une centaine de plaques qui dormait dans un classeur. "Je me suis dit que j’allais les vendre, ça fait toujours plaisir à quelqu’un. Et j’ai eu la chance de tomber sur un militaire, un collectionneur d'objets militaires, du côté de Vitrolles".

À ce moment-là, Christian pense que son histoire avec le camp américain s’arrête ici. Mais au début des années 2000, c’est en débutant son arbre généalogique en ligne et en retrouvant de grands-oncles qui ont fait la guerre de 1914-1918, que son intérêt pour le camp américain refait surface.

Christian possède toujours une cinquantaine de plaques et entreprend alors de retrouver la trace des familles de soldats. "Je suis très reconnaissant de tout ces jeunes hommes qui sont venus nous défendre sur notre territoire et j’estimais que je n'étais pas le propriétaire des plaques, tout comme la France. Et quand on a un souvenir avec un nom, un prénom et un numéro, notre devoir, c’est de rechercher et de rendre ça aux propriétaires, les familles. Je pense qu’on a un devoir de mémoire".

Retour au bercail

Une très belle aventure commence alors. Et des heures et des heures de recherche, chez lui devant son écran, vont le mener il y a deux ans, à communiquer avec une première famille, celle du soldat Creighton Wheeland. "J’ai retrouvé sa petite-fille et sa fille. Et il y a eu un échange très émouvant car quand la plaque est repartie aux États-Unis, sa petite-fille, m’a envoyé une photo d’elle, la plaque en main" raconte-t-il avec émotions.

À ce jour, Christian est parvenu à identifier une vingtaine de familles et à échanger avec une dizaine d’elles. Sur son site internet www.deltastagingarea.fr, il affiche fièrement les photos de descendants de soldats, heureux d’avoir récupéré un petit bout de leur proche. Aujourd’hui, la moindre information permet à Christian de poursuivre ses efforts pour retrouver les proches de soldats auxquels appartenait la quarantaine de plaques qu’il détient toujours.

En avril dernier, il a auto-édité un livre, "Le camp américain", fruit de six années de travail. Désormais lié à jamais à ce camp, son souhait le plus cher serait de voir naître un musée et un mémorial sur le plateau de l’Arbois, en l’honneur des soldats américains.